On va te laisser dormir sous les bancs de neige
t'oublier repliée tes os blancs soudés dans la glace
sans ton visage la gratte ne pourra pas te reconnaître
tu y resteras longtemps un char qu'on ne veut pas déblayer
on va te laisser dormir tu vas fondre au printemps.
jeudi 27 décembre 2012
vendredi 14 décembre 2012
Fin des émissions
Au nord
on ramasse nos petites noirceurs
on recommence les mêmes tableaux
on bouge à peine
les signes on les ramasse
avec un arrache-cil
on les invente
si on ne les voit pas
on est habitué
c'est des ombres
on s'est trompés
tu as encore de la peau
les mêmes cheveux
doux à regarder
n'oublies pas
de changer ton numéro de téléphone
de ne jamais répondre
de vider la place
je n'ai pas de mains
ta musique brise des nuques
t'habites hors de portée
les météorites sont fatigués
de ne jamais atteindre le sol.
on ramasse nos petites noirceurs
on recommence les mêmes tableaux
on bouge à peine
les signes on les ramasse
avec un arrache-cil
on les invente
si on ne les voit pas
on est habitué
c'est des ombres
on s'est trompés
tu as encore de la peau
les mêmes cheveux
doux à regarder
n'oublies pas
de changer ton numéro de téléphone
de ne jamais répondre
de vider la place
je n'ai pas de mains
ta musique brise des nuques
t'habites hors de portée
les météorites sont fatigués
de ne jamais atteindre le sol.
lundi 10 décembre 2012
Fumer des exs
Par paquet de douze
l'âme en sloche
mouille ton entrée
tu peux partir
je parlerai plus jamais
de rien.
l'âme en sloche
mouille ton entrée
tu peux partir
je parlerai plus jamais
de rien.
jeudi 29 novembre 2012
Novembre neige
Tu ne prend plus la peine
d'écrire des poèmes
t'es saoul trop souvent
pour te pencher là-dedans
la nuit tout est blanc
son sourire découpe des prières
derrière tes paupières
longtemps perforées
gémissement de peau
calcinée comme une année de trop
tu es fermé sans organes
dans l'habitacle de lumière
à bout de bras
tu te lances au loin
percutes tes souvenirs
l'alcool perce les murs
rôde dans les rues
c'est l'hiver
ton lit manque de bras
tes draps manquent de sueur
ton corps manque sa chute
tu gaspilles ton sang
en petits rêves informes
amours fausse-couche
tu dormiras dedans
longtemps aveugle à surnager
étourdi le plafond spinne
avec les caresses des fantômes
glace sèche fichée entre les épaules
il fait froid et
tu vis seul depuis un an.
d'écrire des poèmes
t'es saoul trop souvent
pour te pencher là-dedans
la nuit tout est blanc
son sourire découpe des prières
derrière tes paupières
longtemps perforées
gémissement de peau
calcinée comme une année de trop
tu es fermé sans organes
dans l'habitacle de lumière
à bout de bras
tu te lances au loin
percutes tes souvenirs
l'alcool perce les murs
rôde dans les rues
c'est l'hiver
ton lit manque de bras
tes draps manquent de sueur
ton corps manque sa chute
tu gaspilles ton sang
en petits rêves informes
amours fausse-couche
tu dormiras dedans
longtemps aveugle à surnager
étourdi le plafond spinne
avec les caresses des fantômes
glace sèche fichée entre les épaules
il fait froid et
tu vis seul depuis un an.
vendredi 23 novembre 2012
Drunk sur la plaza
Tu reviens d'un show
électro crunchy comme ton commodore 64
les yeux fermés tu te balances
doucement dans ton absence
t'écoutes pas la bonne musique
y'a juste des gars dans la place
sauf deux filles les amies de ton ami
mais il se sauve sans les saluer
sans leur faire la bise sans rien
pis toi tu le suis dehors
comme un sauvage
comme un décapité du savoir vivre
il disparaît à beaubien tu fonces sur la plaza
st-hubert déserte presque minuit
vers le nord seul après deux bières
déjà drunk enroulé
de milliards de robes de mariée
elles trouveront jamais preneur
hurlantes dans leurs vitrines
tu y crisserais le feu
jusqu'à la lune
tu leur pisserais dessus
pour les éteindre
tu leur ris dans le collet
poitrines creuses en spécial
rêves vente de fermeture
alliances de carton
noces de vidanges.
électro crunchy comme ton commodore 64
les yeux fermés tu te balances
doucement dans ton absence
t'écoutes pas la bonne musique
y'a juste des gars dans la place
sauf deux filles les amies de ton ami
mais il se sauve sans les saluer
sans leur faire la bise sans rien
pis toi tu le suis dehors
comme un sauvage
comme un décapité du savoir vivre
il disparaît à beaubien tu fonces sur la plaza
st-hubert déserte presque minuit
vers le nord seul après deux bières
déjà drunk enroulé
de milliards de robes de mariée
elles trouveront jamais preneur
hurlantes dans leurs vitrines
tu y crisserais le feu
jusqu'à la lune
tu leur pisserais dessus
pour les éteindre
tu leur ris dans le collet
poitrines creuses en spécial
rêves vente de fermeture
alliances de carton
noces de vidanges.
mercredi 21 novembre 2012
La fenêtre enserre comme un étau
Je veux te montrer
l'impasse où j'existe
les freins les murs les chiens
planent à ma poursuite
regarde
allongé je gaspille le jour
je fixe le ciel
en expédition immobile
à ne plus franchir
les rebords de mon lit
avalanche
enseveli
j'embouteille mes veines
avec
l'increvable stupidité fondamentale
de me vouloir désiré.
l'impasse où j'existe
les freins les murs les chiens
planent à ma poursuite
regarde
allongé je gaspille le jour
je fixe le ciel
en expédition immobile
à ne plus franchir
les rebords de mon lit
avalanche
enseveli
j'embouteille mes veines
avec
l'increvable stupidité fondamentale
de me vouloir désiré.
samedi 17 novembre 2012
Dead Tired
Nos appartements sont des corridors
on se perdra en chemin
en grimpant dans nos lits
on a chacun nos machines
alignées si elles brisent on les remplace
comme nos amours
les électroménagers jusqu'au plafond
entonnent un hymne
de moteur de motoneige scrap
remplir noyer l'espace
le jeter en punition sur le balcon
on a vu l'espoir ses yeux jaunes
ton char roule dessus.
on se perdra en chemin
en grimpant dans nos lits
on a chacun nos machines
alignées si elles brisent on les remplace
comme nos amours
les électroménagers jusqu'au plafond
entonnent un hymne
de moteur de motoneige scrap
remplir noyer l'espace
le jeter en punition sur le balcon
on a vu l'espoir ses yeux jaunes
ton char roule dessus.
mercredi 14 novembre 2012
Gratitude
Merci pour
les mains capables
de saisir un livre
les yeux capables
de s'ouvrir
de lire
merci pour
la caféine qui souffle
un grand-prix dans mes
veines
merci pour
le sommeil qui arrive à l'heure
depuis que je bois trop
merci pour
les ciseaux de castration
les enfants en laisse
merci pour
les interrupteurs à l'envers
merci de confondre
le flash aveuglant
avec l'éveil
même si je sais bien
ce n'est rien d'autre
qu'une ampoule qui brûle.
les mains capables
de saisir un livre
les yeux capables
de s'ouvrir
de lire
merci pour
la caféine qui souffle
un grand-prix dans mes
veines
merci pour
le sommeil qui arrive à l'heure
depuis que je bois trop
merci pour
les ciseaux de castration
les enfants en laisse
merci pour
les interrupteurs à l'envers
merci de confondre
le flash aveuglant
avec l'éveil
même si je sais bien
ce n'est rien d'autre
qu'une ampoule qui brûle.
mardi 13 novembre 2012
Je ne me souviens pas d'avoir écrit ce poème
Ô ultrabière
de désir castré tu ne
paie rien pour attendre tu verras
qui a la plus longue
absence incompréhensible
la vapeur te regarde
un lit des chats d'autres
retours à la ligne
il n'y a rien à
expurger
personne ne lit rien
je pourrais mettre en
ligne
les morceaux rejetés
personne
nulle part
n'en saura rien.
de désir castré tu ne
paie rien pour attendre tu verras
qui a la plus longue
absence incompréhensible
la vapeur te regarde
un lit des chats d'autres
retours à la ligne
il n'y a rien à
expurger
personne ne lit rien
je pourrais mettre en
ligne
les morceaux rejetés
personne
nulle part
n'en saura rien.
dimanche 11 novembre 2012
Rituel
Tous mes sacs sont troués
abrité sous mon capuchon
je verse le scotch dans le verre à eau
penche la tête à l'embouchure
penche la tête pour mieux l'ouvrir
ferme les yeux
ferme les archives
prend un grand respir
les vapeurs brûlent quelque chose
mais quoi
il n'y a pas de manuel d'instruction
pour atteindre le fond
de la bouteille
avant même de boire
la moindre gorgée
le contenu entier de l'appartement
glisse dehors.
abrité sous mon capuchon
je verse le scotch dans le verre à eau
penche la tête à l'embouchure
penche la tête pour mieux l'ouvrir
ferme les yeux
ferme les archives
prend un grand respir
les vapeurs brûlent quelque chose
mais quoi
il n'y a pas de manuel d'instruction
pour atteindre le fond
de la bouteille
avant même de boire
la moindre gorgée
le contenu entier de l'appartement
glisse dehors.
jeudi 8 novembre 2012
Nord de Faillon
Le café pisse dans ma tasse
La nuit me surprend
les culottes baissées
de toutes petites torpeurs
habitent derrière l'usine à neige
la saison des fêtes
m'attend en face du métro
j'ai mis trop de temps
dans la tirelire à bourrer mes poches
le désir en retenue
dans la classe vide en pleine nuit
j'entends la fatigue des gouttières
impatientes elles chantent mal
applaudissent au-dessus de ma tête
je passe à travers le décor
l'incontinence du ciel
éclosion de soleil mitraillette
saisons fast forward
les arbres trompe-l'oeil
tout me crache dessus
oublie mon imperméable
oublie de revisser l'heure
sous mon courage versé trop vite
il y a longtemps
que je ne sais plus
ce que je dis.
La nuit me surprend
les culottes baissées
de toutes petites torpeurs
habitent derrière l'usine à neige
la saison des fêtes
m'attend en face du métro
j'ai mis trop de temps
dans la tirelire à bourrer mes poches
le désir en retenue
dans la classe vide en pleine nuit
j'entends la fatigue des gouttières
impatientes elles chantent mal
applaudissent au-dessus de ma tête
je passe à travers le décor
l'incontinence du ciel
éclosion de soleil mitraillette
saisons fast forward
les arbres trompe-l'oeil
tout me crache dessus
oublie mon imperméable
oublie de revisser l'heure
sous mon courage versé trop vite
il y a longtemps
que je ne sais plus
ce que je dis.
mardi 6 novembre 2012
VHS
Comme après le choc
du tape à la fin de la cassette VHS
le temps se rembobine
pas assez vite à ton goût des amours
à reculons
défilent à l'envers
be kind rewind
ton écran neige
ta mémoire coince
joue des reprises des saisons précédentes
les acteurs font le trottoir
les épisodes fantômes
brouillent ton canal tu risques
de passer tout droit
manquer la prochaine sortie
au recyclage t'as jeté ton radar
ton espoir ta fatigue
tes antennes de métal
tu notes
l'hiver arrive
faudra appeler la station
résilier le contrat
ravaler les émissions
se désabonner du désir.
du tape à la fin de la cassette VHS
le temps se rembobine
pas assez vite à ton goût des amours
à reculons
défilent à l'envers
be kind rewind
ton écran neige
ta mémoire coince
joue des reprises des saisons précédentes
les acteurs font le trottoir
les épisodes fantômes
brouillent ton canal tu risques
de passer tout droit
manquer la prochaine sortie
au recyclage t'as jeté ton radar
ton espoir ta fatigue
tes antennes de métal
tu notes
l'hiver arrive
faudra appeler la station
résilier le contrat
ravaler les émissions
se désabonner du désir.
samedi 3 novembre 2012
Le ciel est lisse comme une erreur
Le soleil s'est perdu
en chemin
aspiré par la vitrine
du pawn shop
pendant que je revendais
la pluie pour m'acheter
de la pornographie
amoureuse
mes lacets se détachent
faut croire qu'ils
se trompent
le quartier est inondé
même ma haine
prend l'eau.
en chemin
aspiré par la vitrine
du pawn shop
pendant que je revendais
la pluie pour m'acheter
de la pornographie
amoureuse
mes lacets se détachent
faut croire qu'ils
se trompent
le quartier est inondé
même ma haine
prend l'eau.
jeudi 1 novembre 2012
La tôle nous protège
J'ai vu ma photo
sur un pôteau
c'était écrit
« garçon perdu »
il s'est enfui par la fenêtre
il grince dans les toitures
il ne sait plus comment dormir
il ne mange rien
sauf le temps qui reste
par petites bouchées
trottoir mémoire sommeil
presque une éclipse
cligne de l'oeil
cligne une année
il est déjà loin.
le garçon est perdu
je n'ai plus de
téléphone
je n'ai pas de
récompense
si on le retrouve
mais aucune crainte
la pluie est une bonne cachette
les paratonnerres me l'ont dit
on ne le reverra pas.
sur un pôteau
c'était écrit
« garçon perdu »
il s'est enfui par la fenêtre
il grince dans les toitures
il ne sait plus comment dormir
il ne mange rien
sauf le temps qui reste
par petites bouchées
trottoir mémoire sommeil
presque une éclipse
cligne de l'oeil
cligne une année
il est déjà loin.
le garçon est perdu
je n'ai plus de
téléphone
je n'ai pas de
récompense
si on le retrouve
mais aucune crainte
la pluie est une bonne cachette
les paratonnerres me l'ont dit
on ne le reverra pas.
mardi 30 octobre 2012
La lune est soft
On veut un monde atténué
enlever les fenêtres
autant que possible
installer sa discothèque
au plafond tu pourras la voir
il fait noir déjà
le congélateur rempli
de musique en vapeur
c'est comme
si j'étais arrivé quelque part.
La lune est soft c'est
la dépression qui danse
dans ma chambre.
enlever les fenêtres
autant que possible
installer sa discothèque
au plafond tu pourras la voir
il fait noir déjà
le congélateur rempli
de musique en vapeur
c'est comme
si j'étais arrivé quelque part.
La lune est soft c'est
la dépression qui danse
dans ma chambre.
Elle débarque à Laurier
Crisse t'es belle
comme une agression
dans une rangée chez Jean Coutu
avec tes longues bottes rouges
qui te donnent l'air de
Astro le petit robot
on dirait que ton visage
est tout neuf
malgré tes grosses lunettes
t'es belle en crisse
je plierais tes bobettes
je t'aiderais même
à les salir.
comme une agression
dans une rangée chez Jean Coutu
avec tes longues bottes rouges
qui te donnent l'air de
Astro le petit robot
on dirait que ton visage
est tout neuf
malgré tes grosses lunettes
t'es belle en crisse
je plierais tes bobettes
je t'aiderais même
à les salir.
lundi 29 octobre 2012
Non-poème pour la non-fille dans le lit
Je suis célibataire depuis
un an
ce soir je couche
avec le vent.
un an
ce soir je couche
avec le vent.
La vitesse des nuages
Les arbres se débarrassent de leurs feuilles
comme ils se débarrasseront de toi
les nuages se sauvent
ils n'ont pas de conscience
l'ouragan headbang dans mon lit
des runes gravées le long des
fenêtres du métro
sifflent sous les couvertures
me racontent
le chemin à suivre jusqu'à
ta disparition
je mets mon capuchon
en pleine nuit
pour jouer à l'exacto
pieds joints sur mon coeur
en aluminium.
comme ils se débarrasseront de toi
les nuages se sauvent
ils n'ont pas de conscience
l'ouragan headbang dans mon lit
des runes gravées le long des
fenêtres du métro
sifflent sous les couvertures
me racontent
le chemin à suivre jusqu'à
ta disparition
je mets mon capuchon
en pleine nuit
pour jouer à l'exacto
pieds joints sur mon coeur
en aluminium.
À la fenêtre
T'es belle
quand tu passe devant chez moi
trois fois de suite dans le même sens
avec ton chien en néon.
Je voudrais t'emprunter
à la bibliothèque
te remettre
en retard
à chaque coin de rue.
Le vent t’attrape
dans ma chambre la nuit
des frais de service assourdissants
ma langue claque
la porte.
quand tu passe devant chez moi
trois fois de suite dans le même sens
avec ton chien en néon.
Je voudrais t'emprunter
à la bibliothèque
te remettre
en retard
à chaque coin de rue.
Le vent t’attrape
dans ma chambre la nuit
des frais de service assourdissants
ma langue claque
la porte.
dimanche 28 octobre 2012
Tu traverses Longueuil des restes de corpsepaint dans les yeux
Quatre
L'autobus mantra
à angle aigu
cille pour percer le monde
les passagers revissent leurs têtes
ta vieille banlieue
repart à neuf.
Cinq
Il n'y a rien de grand
l'automne insiste
pour t'ennuyer
oublie ses couleurs
essuie ses souliers
tu lui dis
va te coucher dans ta niche.
Zéro
Dans le sous-sol le ciel
s'allonge sur le divan
tu boiras autant de cafés qu'il faut
pour que demain
n'arrive jamais.
L'autobus mantra
à angle aigu
cille pour percer le monde
les passagers revissent leurs têtes
ta vieille banlieue
repart à neuf.
Cinq
Il n'y a rien de grand
l'automne insiste
pour t'ennuyer
oublie ses couleurs
essuie ses souliers
tu lui dis
va te coucher dans ta niche.
Zéro
Dans le sous-sol le ciel
s'allonge sur le divan
tu boiras autant de cafés qu'il faut
pour que demain
n'arrive jamais.
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